Sound translation of A L’Enfant du Crepuscule & Une voix persiste au travers

Une voix persiste au travers

By Irène Gayraud & Fernando Munizaga

[...] il y aura toujours un reste, un supplément, un lapsus, un non-dit qui se désigne lui-même : la voix. Roland Barthes, « La musique, la voix, la langue »

Une voix persiste au travers. Mais au travers de quoi? De la gorge de la chanteuse qui essaie d’aller vers sa propre voix microscopique ? Des sons des paroles que lit la poète quand elle récite son texte traduit dans différentes langues étrangères ? Ou est-ce la voix de la machine, qui persiste à s’immiscer dans la traversée de ces différentes vocalités ?
C’est la rencontre inattendue avec la poète Irène Gayraud, dont le poème "À l’enfant du crépuscule" m’a intéressé notamment pour ses sonorités et rythmes, qui a ouvert la porte à la recherche constituant cette pièce. À cela s’ajoutent les différentes propositions de traduction homophonique (traduction du son et non du sens) du texte original (français) en trois langues (espagnol, anglais, italien) réalisées par le groupe Outranspo (Ouvroir de translation potencial). C’est finalement la découverte, puis l’utilisation du laryngophone (microphone pour larynx) lors des improvisations vocales de la chanteuse Marina Ruiz sur le texte multilingue final, qui ont suscité les matériaux définitifs avec lesquels cette œuvre a été imaginée. Elle est la première version d’un projet à mi-chemin entre une pièce vocale et une pièce de théâtre radiophonique, dont le protagoniste est finalement la voix elle-même, la réalisation de sa propre corporalité – le grain de la voix dirait Barthes – et ses résonances, décuplées par l’électronique.

Fernando Munizaga


Irène Gayraud

Irène Gayraud writes poetry, poetical-extremely-short-fictions, and currently a novel. She has published two books : à distance de souffle, l’air (Éditions du Petit Pois, 2014), and Voltes (Al Manar, 2016).  She translates from Italian, Spanish and German into French : she collaborated with Christophe Mileschi to translate the Dino Campana’s poetical work (Dino Campana, Chants Orphiques et autres poèmes, Paris, Points, coll. “Poésie”, 2016). In addition, she holds a doctorate from Paris IV-Sorbonne. 

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